LES DOMBES …. OU LA DOMBES ?

9 septembre 2012

Les deux se disent, malgré notre enquête sur place, nous n’avons pu éclaircir cette énigme.

C’est donc cette région, au nord de Lyon (et au sud-ouest du département de l’Ain) que notre ami René Czechowicz a choisi de nous faire parcourir pour clore notre programme de sortie 2012.

Une quinzaine de morgan se sont retrouvées sur le parking SNCF des Echets, notre rendez-vous.

Le G.P.S. de nos amis Ghislaine et Georges Bobin, certainement conquis par la belle journée ensoleillée qui s’annonçait, a choisi de rallonger leur route d’une trentaine de kilomètres ! Pourtant, point d’impatience pendant leur attente, tant le petit déjeuner préparé par René et Marie était des plus réconfortant.

La Dombes, plateau d’altitude moyenne de 280 m offre une particularité : un millier d’étangs environ le compose. Ceux-ci furent crées par les moines venus s’installer courageusement, mi 19ème siècle, afin d’assainir « le malheureux pays des Dombes » (sic). En effet, cette zone marécageuse, particulièrement insalubre, était pour cette raison pratiquement inhabitée. En 1850, l’expérience de vie était de 20 à 30 ans !

Aujourd’hui ces étangs sont réputés pour le gibier d’eau et l’élevage de poissons en « bassin naturel ». Installés sur des rivières, ils peuvent souvent se déverser les uns dans les autres, ce qui conduit à un mode particulier d’exploitation. Une mise en eau de quatre ans, nécessaire à la pisciculture (essentiellement la carpe largement exportée en Allemagne où elle est le plat traditionnel de Noël) puis, après vidange, une culture céréalière de 2 ans (avoine, blé et surtout maïs aujourd’hui). Toutes ces explications nous furent dispensées par Monsieur le Maire de St André Le Bouchoux, avant notre déjeuner au restaurant …. « Le Dombiste ». Ces dernières années une prolifération d’oiseaux prédateurs (cigognes, cygnes) met à mal l’activité piscicole et a pratiquement anéanti la grenouille, grande tradition culinaire de la Dombes mais toutefois encore maintenue par l’importation de batraciens d’Europe de l’Est. Seuls, (c’est rare aujourd’hui) sur les petites routes quadrillant la région, nous avons pu approcher l’Etang-Forêt, le plus étendu avec ses 19 hectares (créé  avant  1550), traverser Mionnay avec le fameux petit pincement au cœur devant le célébrissime restaurant d’Alain Chapel, qui vient de baisser définitivement les rideaux, et faire un bel arrêt à Chatillon sur Chalaronne.

La magnifique halle du 17ème siècle au centre de ce bourg a accueilli nos morgan, bien à l’ombre sous l’impressionnante charpente.

Quel plaisir de déambuler entre les maisons à colombage, traverser les vieux ponts fleuris …. Chatillon sur Chalaronne eut quelques citoyens célèbres : St Vincent de Paul, curé en 1617 à Chatillon, Philibert Commerson, naturaliste, qui accompagna Bougainville dans ses voyages et introduisit chez nous l’hortensia. La rue Commerson concentre nombre de maisons à pans de bois.

Nous terminerons cette belle balade ensoleillée par un passage à l’abbaye de Notre-Dame des Dombes, imposante, toute de briques rouges, magnifiquement entretenue, et qui accueille quelques pécheurs (devant l’éternel, pas à la carpe !)  désireux de retrouver  l’essentiel lors d’une retraite spirituelle.

Merci René pour cette journée …. Et ton road-book, d’une précision irréprochable.

Texte Bernard LIVET – Photos Hélène VERZIER