TUBER MELANOSPORUM

 

Reine de la gastronomie  comme chacun sait, la truffe du Périgord se trouve essentiellement en région Tricastin, Vaucluse et Drôme, fief de Nicolle et Didier Sanson.
Ce 12 mars un beau plateau de 30 Morgan, du Flat-Rad à l’Aéro en passant par toutes les « classiques » se sont donc précipitées lorsque nos amis nous ont proposé de partir à la découverte du « diamant noir » ; on pourrait dire « l’or noir » mais c’est déjà pris et c’est autre chose !
Quelques kilomètres bien revigorants après le petit déjeuner chez « les Aubergistes » à Marsanne nous ont donc amenés au Domaine de Bramarel (10 ha de truffières). L’exposé, théorie avant la pratique sur le terrain, fut des plus riches en informations.
Nous avons pu humer les différentes variétés, car la classique truffe noire (Mélanosporum) bien que dans le peloton de tête est loin d’être la seule :
La Brumale, au gout aillé, et qui se développe dans les mêmes conditions et sur les mêmes terrains, la Bourgogne (ou truffe d ’été), la Blanche que l’on croyait surtout présente en Italie du Nord et qui vient d’être trouvée en Drôme, découverte certifiée officiellement.
Avis aux amateurs qui souhaiteraient se lancer dans l’activité de « Caveur », rien de plus facile !
Il vous faut : un terrain calcaire, planter des chênes « mycorhisés » (le Domaine de Bramarel peut vous fournir des plants), mais ça peut marcher avec des noisetiers, des tilleuls. Puis vous attendez 10 ans. Entre temps vous dressez un  chien (une chienne de préférence) indispensable dans la recherche … sinon pas de récolte ! On peut essayer  avec un cochon, mais c’est tombé en désuétude ... toutefois, l’intérêt est que si vous n’êtes pas satisfait de ses résultats, vous pouvez le transformer en charcuterie ! ou  alors vous vous contenterez d’épier, à la bonne saison, le vol des mouches, attirées par la puissante odeur du champignon. Prévoyez aussi un arrosage goutte-à-goutte en cas de sécheresse.
Maintenant que nous avons toutes les clés en mains, passons aux travaux pratiques en compagnie de Gina et Ebel (les deux chiens truffiers du domaine) et de leur maîtresse. Il est tout-à-fait captivant de voir l’excitation et l’énergie que ces chiens déploient dans leurs recherches, stopper lorsque la truffe (15 cm environ sous terre) est présente, gratter l’emplacement en obéissant aux ordres de leur maîtresse pour ne pas aller plus loin et laisser le soin à  « l’humain » de terminer l’extraction. Puis, après la trouvaille, partage des récompenses : la truffe pour le patron et une croquette pour le chien.
Bien que chaque Morgan soit repartie fournie en truffes fraîches ou en conserve, huile truffée etc… nous n’avons pas été pris en chasse par quelques chiens, cochons ou mouches attirés par le puissant bouquet de nos chargements sur les 20 kms qui nous ont amenés au « Moulin de Valaurie »  où un déjeuner « haut de gamme » nous attendait, bien sûr, le foie gras était truffé ! Ce bel établissement mérite d’être mentionné dans la rubrique « Bonnes Adresses » du site MCF.
Merci à Nicolle et Didier, sans oublier leur ami, venu pour les assister dans la maîtrise du troupeau « Morgan », celui-ci étant porchiste, a eu droit aux plaisanteries d’usage, genre « on le tolère » ou « personne n’est parfait » ! Tout ça dans la bonne humeur !
Nicolle et Didier, au moment de se quitter, nous annoncent une très bonne nouvelle : cette journée n’était que le premier volet de la découverte de la région, d’ autres épisodes sont prévus.
Nous avons du pain (truffé évidemment) sur la planche !

                                                                                                                                                                                 Bernard LIVET